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jeudi 6 septembre 2007

"AUTOUR D'UN MOT COMME AUTOUR D'UNE LAMPE. IMPUISSANT A S'EN DEFAIRE, CONDAMNE, INSECTE, A SE LAISSER BRULER. JAMAIS POUR UNE IDEE MAIS POUR UN MOT.

Lucie était un primate, une superbe fille. C'est à elle que nous devons nos origines simiesques et à ce savant encore considéré un peu fou par certains, Darwin. Bref, si vous êtes soumis à ce que Pagnol nommait les "servitudes animales",faites un procès à la nature. Car vous êtes autant être de nature que de culture. A l'heure où je vous parle vous avez peut-être faim ? C'est la nature et pourtant vous pouvez décider d'entamer une grève de la faim. C'est la culture. Mais quel rapport avec Edmond Jabès et cette magnifique citation ? Eh bien, parce que cette opposition, cette quasi contradiction dans ses termes de la condition humaine fait souffrir le poète. Il tente de s'échapper du labyrinthe de cette aporie. Edmond Jabès fait du poète un insecte subissant l'attraction irrésistible d'une lampe tout comme Icare a été attiré par le soleil. Pourquoi écrire ? Si ce n'est pour tendre un fil de mots qui nous conduira vers la sortie du labyrinthe, de cette prison peu importe la forme qu'elle prenne ?Ecrire de la poésie, c'est accéder à une autre vérité, c'est comme abattre les murs des citadelles, ouvrir les ponts-levis, lâcher les barrages, c'est comme avoir, enfin devant soi l'horizon de l'imaginaire quelles que soient la matérialité et la finitude de l'homme.

2 commentaires:

Editions Filaplomb / Philippe Braye a dit…

Dans la poésie, il n'y a même pas de pont-levis ! Et même pas de porte !
La puissance de l'imaginaire suffit pour s'inventer des portes et des passages ! :-)))

«Apprendre, c'est creuser soi-même son propre labyrinthe» Cornelius Castoriadis

:-)

Lilas ZEN a dit…

Quand je fixe l'horizon, je suis déjà face à une limite visuelle que comble mon imaginaire. Je suis déjà face à une énigme, à une porte de mystère et d'inconnu. Etre poète, c'est aller voir ce qu'il y a derrière.