Etty HILLESUM écrit ces mots, dans Une vie bouleversée, alors qu’elle est en déportation. Moi aussi, j’ai trouvé un sentiment d’évidence & de cohérence. Je ne pense plus aux enfants que je n’aurai pas ou au boulot que j’aurais pu avoir…etc. Mes angoisses provenaient de l’écart entre ce que j’aurais voulu être & ce que je croyais être. Je me trouvais scolaire, fade & ennuyeuse & j’aurais aimé plaire à la terre entière.
Je ne sais toujours pas qui je suis, mais je sais déjà qui je ne veux pas être. Pour accéder à ce havre de paix intérieur, j’ai du me détacher du regard des autres & surtout, de mon regard un peu trop critique. Puisque seuls les anges atteignent la perfection, je prends soin de moi & j’apprends à m’aimer imparfaite. J’applique le vieil adage stoïcien en essayant de changer ce qui peut l’être & en acceptant ce qui ne le peut pas.
Humblement, je me tourne vers ce qui est plus grand que moi : Dieu, la nature & l’art. Chaque jour, j’apprends & je m’en nourris. Et puis, je doute… Mais douter, n’est-ce pas le signal que je suis en mouvement ? Pour avancer, il faut bien accepter ce temps où l’un des pieds est en l’air & où la chute est possible ? Pourtant, je ne tombe pas & chaque décision n’est bonne que si l’on fait ce qu’il faut pour qu’elle le devienne.



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