Rechercher dans ce blog

Chargement...

vendredi 15 juillet 2011

ILLUSIONS DESILLUSOIRES (2)

Premiers contacts avec la directrice qui nous héberge dans son centre de formation. Une syrienne qui a de suite su oxygéner l’ambiance en s’asseyant parmi nous au lieu de rester derrière son bureau. Ici, le chef ne méprise pas les ouvriers et du coup, les ouvriers le leur rendent bien. Emilie, durant notre

entrevue, a renversé sa tasse de café. Les étrangers ont le droit de tout briser, tout leur est pardonné.

Au C.D.P., Emilie et moi, nous nous sommes retrouvés par mégarde au mauvais étage où un homme nous a indiqués une porte derrière laquelle devait se trouver Denis Toupin, le directeur pédagogique. Une intuition me fait dire à Emilie : « Peut-être est-il aux toilettes ? ». Aussitôt, nous entendons un bruit de chasse-d’eau. Nous nous regardons comme dans ces films comiques et nous éclatons de rire.

J’espérais envoyer des mails gratuitement du C.D.P. Il y a bien deux postes Internet disponibles mais l’accès à Yahoo, Hotmail, Caramail est refusé. Pour y accéder, il faut se rendre dans un cybercafé. Le gouvernement syrien aurait-il peur que son peuple rencontre sur un chat des Israëliens ou qu’un chat syrien découvre la S.P.A. et la W.W.F. et se révolte ? La responsable informatique du C.D.P., Leila est l’archétype de la femme syrienne telle qu’on se la figure en France : voilée, timide, réservée, humble,

soumise et naïve. Dans le taxi, un œil contre le mauvais œil me regarde dans son cercle bleu turquoise. Le chauffeur reçoit des appels de sa mère et se fait vertement tancer. Il ne connaît pas le chemin et demande de l’aide aux passants. Nous entonnons Prince avec lui et le temps d’une chanson la barrière linguistique est franchie.