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lundi 26 décembre 2011

ILLUSIONS DESILLUSOIRES (3)

L’accès à certaines boîtes e-mail est interdit, je le sais aujourd’hui, car il y a des capitaux juifs investis. Israël est rayée de la carte et le mot même est tabou comme tout ce qui concerne l’Islam. Le vert déverse ses vibrations religieuses dans toute la ville au son des prières journalières. Prier, c’est chanter pour ne pas oublier ces mots longtemps transmis par la voix. Pays fermé qui m’enferme dans son germe d’hypocrisie. Non, je ne suis pas une source vivante de culture française. Non, je ne pourrais pas assaisonner mes cours avec des documents perso qui feraient de moi la parfaite colonisatrice culturelle. Non, je n’apporterai pas ma rime. Oui, je suis un fantoche qui est juste là pour attester que la Syrie est un pays ouvert et moderne. Oui, je suis déçue. Déçue ? Plus après la nuit dernière. En quête d’un restaurant dans la vieille ville, nous avons rencontré un homme âgé qui nous a guidé et nous a entraîné d’échoppes en appartements nous présentant tour à tour à un pâtissier, un monsieur muscle, un musicien, pour terminer notre périple dans une chambre minuscule à boire du thé en compagnie de deux jeunes Syriens d’une vingtaine d’années : Rias et Hassan. Rias a spontanément offert une bague à Emilie et cela nous a beaucoup amusés. Zoeir, notre guide nous a terrorisé avec un lapin aux yeux rouges et Emilie a reçu un caca sur sa tête du pinson qui gazouillait au plafond. Zoeir nous a raccompagnés jusque chez nous et nous a offerts à boire et à manger. D’ailleurs, Rias et Hassan ont tenté de nous séduire en nous offrant de l’alcool. Femme ivre, femme qui vibre.