Ouazim, un ami qui vous veut du bien paye tout : resto, café, visite… Je me sens achetée alors qu’il nous considère comme des amis étrangers pauvres qui ont besoin d’être aidés. Je trouve les Syriens de classe aisée trop axés sur la réussite sociale, le niveau d’étude, la beauté de leur compagne… Ouazim est très ouvert mais il n’échappe pas à la règle. J’ai trouvé plusieurs professeurs zélés prêts à m’enseigner l’arabe. Ce sont les filles du concierge : Bushra, Suzan, Zeina. Elles ont des livres en anglais et nous ont tout traduit en arabe. Les mots ont défilé dans ma tête et ne se sont pas englués dans la gelée de mon cerveau. La famille du concierge est à l’image de tous ces gens pauvres au grand cœur qui font légion à cause de la religion. Le concierge est le gardien de la porte et le Syrien qui nous ouvre les portes de l’Orient avec son thé, sa langue, ses coutumes. Je retrouve l’accueil chilien chez les Syriens. Est-ce une constante des pays pauvres ? Chili, Syrie même appétit de la vie des autres. L’autre est un ami si rare, si difficile à rencontrer comme ces métaux que l’on recherche parfois au prix de sa vie. Il est si doux d’être un autre attendu et désiré, reçu dans le plus grand respect et aimé sans même avoir tenté de se rapprocher. Notre et leur ensemble dans une même fusion à la même personne.
vendredi 6 janvier 2012
ILLUSIONS DESILLUSOIRES (4)
Publié par Lilas ZEN à l'adresse 19:49
Libellés : Le Grain de Beauté sur la joue du Monde
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